La Lidia
Le paseo terminé, vient l’heure du combat, en espagnol « lidia »
Une corrida formelle comprend en principe la lidia de six taureaux. Les toreros vont combattre leur taureau suivant leur ancienneté. Le premier taureau sera combattu par le torero le plus ancien dans le métier, puis viendra le second, puis le troisième par le matador le plus jeune. On recommence dans le même ordre pour les quatrième, cinquième et sixième taureaux.
La lidia se déroule selon un protocole immuable décomposé en trois parties, appelées tercios.
Premier tercio : le tercio de pique
A la sortie du taureau, les peones appellent celui-ci à tour de rôle et l’attirent vers les différents points de l’arène, l’incitant à aller au bout de sa charge. Puis le matador effectue quelques passes de capote, pièce de toile généralement de couleur rose à l’extérieur et jaune. Ces premières passes permettent au matador d’évaluer le comportement du taureau.
Il existe une multitude de passes de capote. La plus fréquente, la plus simple et généralement considérée comme la plus belle, est la véronique dans laquelle le torero présente le capote tenu à deux mains, face au taureau, en faisant un geste similaire à celui que, selon l’imagerie traditionnelle, fit Sainte Véronique en essuyant le visage du Christ en route pour le Calvaire. Il existe également la demi-véronique (espagnol : media-veronica) inventée par Juan Belmonte (qui prétendit un jour l’avoir créée «car j’avais la flemme de faire l’autre moitié»), la chicuelina (inventée par «Chicuelo»), la gaonera (inventée par Rodolfo Gaona), la mariposa («papillon»), etc.
Puis les picadors entrent en scène. Leur rôle est de tester la bravoure du taureau à l'aide de sa pique, lance en bois de hêtre de 2,60 mètres de long terminée par une pointe d’acier : la puya. En principe, il est appliqué deux piques minimum (il n’y a pas de maximum), mais en cas de taureau faible, le président peut réduire à une seule.
Deuxième tercio : le tercio de banderilles
Le deuxième tercio consiste à poser les banderilles (espagnol : banderillas), b'tons d'environ 80 cm de long, terminés par un harpon et recouverts de papier de couleur.
Les banderilles sont généralement posées par des peones (banderillos), mais certains matadors les posent eux-mêmes. En principe, il est posé trois paires de banderilles.
Troisième tercio : le tercio de faena et d’estocade
La faena de muleta est le travail à pied du matador à l'aide d'un leurre en tissu rouge, la muleta.
Les passes les plus spectaculaires, agenouillement, pirouettes, ne sont pas les plus méritoires. Elles ne sauraient remplacer l'essentiel, le plus difficile et le plus dangereux, les passes basses données en séries.
Bien toréer, c'est bouger le moins possible et essayer de diriger le taureau, de guider les cornes et de maîtriser sa charge. C'est pour le torero, imposer sa volonté au taureau plutôt que suivre ses déplacements. Accordée par le Président, la musique n'accompagne que de très bonnes faenas.
Le torero doit s’essayer à toréer alternativement sur la corne droite et sur la corne gauche. Les principales passes de muleta sont les suivantes :
- La « naturelle » (espagnol : natural). La muleta est tenue dans la main gauche, le taureau chargeant depuis la droite du matador, corne gauche.
- La « passe de poitrine » (espagnol : pecho). La muleta est tenue dans la main gauche, le taureau chargeant depuis la gauche du matador, corne droite. Cette passe clôture habituellement une série de « naturelle ».
- Le « derechazo » (mot espagnol signifiant «de la droite»). La muleta est tenue dans la main droite et agrandie à l’aide de l’épée tenue elle aussi dans la main droite, le taureau arrivant de la gauche du matador, corne droite.
- La «passe de poitrine de la droite». De même que le derechazo est une «naturelle à l’envers», la passe de poitrine de la droite est une «passe de poitrine à l’envers».
- Les « passes aidées ». La muleta tenue dans la main gauche est soutenue et agrandie à l’aide de l’épée tenue dans la main droite. L’exécution se rapproche de celle de la naturelle ; on peut également faire des passes de poitrine aidées.
- Plus encore d’autres : la bandera («drapeau»), le molinete («moulinet»), la «manoletina» (attribuée à « Manolete »), etc.
Ce tercio se termine par l’estocade à l’aide de l'épée. L'estocade ou mise à mort est le moment du plus grand risque. Son exécution compte plus que son résultat. Une attaque loyale, en ligne droite et en s'exposant aux cornes, peut heurter par malchance un os et ne mérite pas de sifflets. Une estocade spectaculaire n'est pas méritoire si la lame est placée de travers, dans le cou ou l'épaule. Un ou plusieurs échecs du coup de gr'ce (descabello) n'enlèvent aucun mérite à la faena du matador.
Si le taureau n'est pas mort 10 mn après le début de la Faena, le Président fait sonner un premier avis. Au troisième (15mn), le taureau rentre vivant au toril.
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