Pierre Capdehourat



Pierre Capdehourat 

Du Béarn à Montevideo...



Nous sommes en Uruguay en 1881 : le Président Santos, chef de l’état, décide de rendre les honneurs militaires au Docteur Pierre Capdehourat dont la mort est survenue le 6 août.

Interview d’un personnage hors du commun, réalisé en 1857.





Pierre Capdehourat, votre existence mouvementée n’a pas commencé à Montevideo ?

Non, je suis né en 1804  dans un village du Sud-ouest de la France : Salles-Mongiscard, à 8km de Salies-de-Béarn. C’est là que j’ai vécu toute mon enfance et que j’ai débuté ma carrière de médecin.

Quelles étaient vos spécialités ?

J’étais un touche-à-tout : J’ai fait l’accoucheur, l’herboriste, le chirurgien …

Qu’est-ce qui vous  a conduit à émigrer en Uruguay ?

Vous savez, les Béarnais – ma région d’origine s’appelle le Béarn – sont nombreux ici. Lorsque j’ai pensé à partir,  c’est tout naturellement vers l’Uruguay que mon choix s’est porté.

Votre installation à Montevideo ne s’est pas faite sans bruit …

La nature m’a doté d’un caractère abrupt, qui ressemble aux montagnes de mon pays…
Je me suis retrouvé, à 26 ans, jeune médecin dans une ville nouvelle…On  m’a donc demandé de faire mes preuves. Et très vite, j’ai réussi là où mes collègues argentins et uruguayens avaient échoué. J’ai guéri un patient qui souffrait d’ulcères aux jambes depuis sept ans et je l’ai fait savoir …
On m’a beaucoup traité de charlatan car mes méthodes étaient fort différentes de celles de mes « chers » collègues.
Alors, puisque personne ne voulait m’en donner le titre, je me suis autoproclamé « professeur de médecine » !

Vous êtes souvent  au cœur d’une polémique ?

Je n’y peux rien … Lorsque mes « chers » collègues diagnostiquent une fièvre cérébrale alors qu’il s’agit de mon point de vue, d’une épidémie de fièvre thypoïde, je suis bien  obligé de réagir ! J’ai raison. Et pourtant, on m’interdit d’exercer la médecine pendant six mois…
Mes patients par contre m’adressent de très nombreux témoignages de reconnaissance.

Et aujourd’hui, quels sont vos projets ?

J’aime les défis. J’ai fondé une clinique spécialisée  dans le soin des malades reconnus incurables  et je compte bien y consacrer toute mon énergie…

Son fils Léon, ainsi qu'un petit-fils, Pierre, perpétueront  la tradition familiale en exerçant à leur tour la médecine à Montevideo.