Caroline Léonardelli


Une réussite canadienne...

La principale harpiste de l’orchestre symphonique du Centre National des Arts à Ottawa est… béarnaise !
Soliste, musicienne de chambre, musicienne d’orchestre et professeur, Caroline Léonardelli a fait carrière au Canada anglophone, mais elle est née à Orthez et a fait ses études à Navarrenx et Pau.
Il y a une vingtaine d’années, alors diplômée du Conservatoire de région à Reuil Malmaison, Caroline décide, sur un coup de tête, de partir. « Ça aurait pu être n’importe quel pays ! » avoue-t-elle en riant. Elle arrive à Ottawa, où elle réside toujours aujourd’hui, et trouve un emploi de « nanny » dans une famille de musiciens. Ça ne s’invente pas ! « À cette époque, il n’y avait pas beaucoup de harpistes et j’ai eu la chance d’étudier avec une des plus célèbre, Judy Loman, » raconte Caroline.

Aujourd’hui, c’est elle le professeur et elle est fière d’avoir 33 élèves qui suivent ses cours à l’Académie d’Ottawa. « C’est une des plus grosses classes du Canada, » ajoute-t-elle. La musicienne s’occupe également de l’Orchestre des jeunes du Canada. « Je n’ai pas d’enfants, mais j’ai beaucoup d’élèves dont je suis fière ! » Ses talents de harpiste l’ont aussi conduite à jouer lors de soirées organisées par des gouverneurs et des Premiers ministres canadiens. Ainsi Nelson Mandela – « l’une des rencontres les plus fortes de ma vie » – Alain Juppé et la Reine d’Angleterre ont assisté à ses concerts.
Caroline prépare en ce moment son quatrième CD qui sortira en septembre prochain.
La harpiste se souvient de son arrivée à Ottawa : le climat lui manquait, la nourriture lui manquait, et même la littérature... Après 20 ans de Canada, bien qu’elle aime profondément son pays d’adoption – elle a la nationalité canadienne – elle a besoin de rentrer régulièrement au pays « pour bien manger, déguster de bons vins et revoir mes amis d’enfance ».
« Je me sens toujours béarnaise et je fais même du confit de canard au Canada!... Ma famille et mes amis sont mes liens à ma terre d’origine».
Elle envisage aujourd’hui d’acheter un appartement à Saint Jean de Luz, ville que son mari aime beaucoup. « Les hivers sont rudes au Canada, alors on souhaiterait passer quelques mois en France tous les ans».
Et quoi de plus naturel que de revenir dans les Pyrénées-Atlantiques !

Interview de Karen Jouault pour Signé PA.