De l’Argentine au Brésil via la France
Comment un fils d’émigré français né à Mendoza en Argentine devient-il l’architecte de l’ambassade de France à Brasilia et décide-t-il à la fin de sa carrière de s’installer à Pau ?
C’est le destin peu ordinaire de Louis Bach...
Après avoir fait ses études dans son pays natal, il part pour la France en 1960. « J’avais besoin de remettre le compteur à zéro, mais surtout il me fallait retrouver la terre de mes ancêtres ! » Car le père de l’architecte est né à Lourdes, et sa grand-mère est originaire d’Arthez d’Asson. En 1911, le Lourdais d’origine quitte les Pyrénées avec ses parents. Il reviendra deux fois en Europe, pour son service militaire même s’il en était dispensé en temps de paix au titre de résident à l’étranger, et pour la guerre de 39-45. Les récits des Pyrénées et la langue française ont bercé l’enfance du jeune Louis. Rien de surprenant donc, à vouloir retrouver les traces de sa famille sur sa terre d’origine.
Mais il lui fallait travailler et après la réalisation de plusieurs projets dans toutes les régions du monde ou presque, il arrive à Ville d’Avray et travaille à SERI Renault Ingénierie en tant que responsable de la section architecture, ce qui implique la construction d’usines dans divers pays.
« Un jour arrive une lettre du ministère des Affaires Étrangères nous proposant de présenter un avant-projet sommaire pour une ambassade à Brasilia, » se souvient Louis Bach.
Julian De La Fuente ancien collaborateur de Le Corbusier est intégré à l’équipe : « Il faut savoir que sur demande d’Oscar Niemeyer, et de Lucio Costa, respectivement architecte et urbaniste de Brasilia, Le Corbusier avait préparé un projet d’ambassade qu’il avait cédé gratuitement au gouvernement brésilien ».
Julian De La Fuente prépare donc l’avant-projet sommaire et SERI Renault Ingénierie remporte le concours. Le projet d’exécution est développé en 18 mois par une équipe constituée d’une trentaine de personnes incluant des géomètres, des ingénieurs et des techniciens supérieurs. « Pour une bonne réalisation, il faut un groupe d’hommes solidaires, » affirme Louis Bach. Puis on lui demande de se rendre sur place pendant un an pour diriger les travaux. Il arrive à Brasilia en janvier 1972 et en repart en… février 1976 ! Quatre ans de travaux furent en effet nécessaires pour construire les 2.000m2 de b'timents.
Plus tard, Louis Bach retournera au Brésil... Il y résidera 13 ans et épousera en secondes noces une Brésilienne !
Aujourd’hui il habite Pau, tout près de la terre d’origine de ses parents. La boucle est bouclée !
Interview de Karen Jouault pour Signé PA
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