Zélce Mousquer



De Sauveterre-de-Béarn à Porto Alegre

Zélce Mousquer habite Porto Alegre au Brésil, mais elle est une descendante d’émigrés français, et plus précisément béarnais.
« Enfant, j’écoutais mon grand-père Arthur, raconter des histoires sur son grand-père, Jean Mousquère, dit Beigtbeder et sur Jean-Pierre Mousquère mon arrière grand-père maternel... Il avait des livres et des photos qui peu à peu ont été perdus. J’ai toujours cherché à connaître l’histoire de ma famille, » raconte Zélce.
Elle a donc mené ses propres recherches. « J’ai pu localiser un Mousquère à Espiute ; c’est un descendant de ma propre famille. Il m’a raconté ce qu’il savait. Et j’ai aussi fait appel à des généalogistes comme Christiane Bidot-Naude et Josette Solan qui m’ont beaucoup aidée. » C’est ainsi qu’elle a découvert que Jean Mousquère, originaire d’Aspis, s’installe dans le sud du Brésil vers 1840. Quant à son arrière grand-père maternel, Jean-Pierre Mousquère, qui habitait Sauveterre-de-Béarn, Zélce apprend qu’il émigra vers 1870.
« Je ne sais pas exactement pourquoi Jean quitta la France pour le Brésil ; peut-être fuyait-il  le service militaire ? Quant à Jean-Pierre, il est venu à la demande de son oncle Jean, dont il épousa la fille Déolinda. »
Un autre neveu de Jean, Philippe Bindé Lassalle, qui épousera Marcolina la sœur de Déolinda, quitta son Arrosès natal (village du nord du département près de Crouseilles) pour le nouveau monde. Il débarque à Buenos Aires en novembre 1858...Car  avant de s’installer au Brésil tous ces émigrants sont passés par l’Argentine ou l’Uruguay puis ils ont franchi la frontière, à pied le plus souvent !
« La région où ils arrivent est la province de Sao Pedro do Rio Grande do Sul, limitrophe de l’Argentine et de l’Uruguay, » explique Zélce. Quand Jean Mousquère découvre cette province du Brésil, elle est encore peu colonisée et les terres sont disponibles. C’est ainsi qu’il s’installe à Santo Angelo et devient João Mousquère, grand propriétaire terrien ...

Bien qu’elle ait réussi à découvrir ses racines, Zélce n’est encore jamais revenue aux villages de ses aïeux.
Elle tient cependant à ce que ses propres descendants se souviennent. Et pour cela elle écrit un livre destiné à sa seule famille : « Malheureusement, les traditions françaises de ma famille se sont perdues au fil du temps. Mais je ne voulais pas que l’histoire de ma famille pyrénéenne s’oublie... Ma fille, mes parents, mes oncles et mes cousins sont, eux aussi, heureux de savoir d’où ils viennent. »

Interview de Karen Jouault pour Signé PA