Pierre Paparemborde


entraîneur de l’équipe du rugby du Brésil

Ses racines sont à Assat, tout près de Pau,  mais il vit à Sao Paulo et entraîne l’équipe nationale de rugby. Oui, oui, c’est un béarnais qui essaie aujourd’hui de qualifier le Brésil pour la prochaine Coupe du Monde. Pierre Paparemborde, fils du célèbre rugbyman Robert Paparemborde, est devenu Directeur Technique National et Head Coach de la Seleção du Brésil... par hasard.
« Un jour, un fournisseur argentin, en voyant ma carte de visite, me dit : « Avec un nom comme celui-là, tu dois forcément jouer au rugby ! »Je lui ai raconté mon parcours et rapidement il m’entraîne au Rio Branco Rugby Club à Sao Paulo.
Je n’avais plus joué depuis presque 10 ans. J’avais arrêté en 1996 au Stade Français. Pour redevenir compétitif il m’a fallu perdre plus de 15kg! » D’abord entraîneur de l’équipe première de ce club, en 2006, il mène ses joueurs à la finale du Brésil qu’il remporte, et en 2007 ils deviennent vice-champions.
C’est donc tout naturellement que le président de la Fédération demande à Pierre de devenir l’assistant de John Lowe l’entraîneur national et ... anglais de surcroît ! Et voila comment l’équipe de rugby brésilienne s’est retrouvée avec un Français et un Anglais à sa tête ! Aujourd’hui, Pierre a pris la direction de l’équipe et espère la qualifier pour la prochaine Coupe du Monde. 
Son aventure brésilienne a commencé il y a presque 10 ans. « J’ai découvert ce pays gr'ce à ma femme Juliana qui est brésilienne. Nous nous sommes connus à Paris, peu après la finale France-Brésil en 1998. Nous avons commencé à voyager au Brésil pour les vacances. J’ai tout de suite adoré le pays, la culture, les gens, et ce sentiment de liberté. »
S’installer là-bas s’imposait presque, même si le pas a été difficile à franchir. « La décision n’a pas été facile à prendre. J’ai deux petites filles en bas 'ge, Luna et Carla de 6 et 3 ans, en France une famille que j’adore, un bon poste dans un groupe de medias sportifs à Paris. Mais j’avais besoin de changer d’air. J’ai vécu 18 ans à Paris et je commençais à sentir des fourmis. »
Depuis juin 2005, Pierre vit au rythme des rencontres qu’il peut faire avec le rugby ou bien dans le cadre de sa profession (il est directeur des achats de produits informatiques et de technologie digitale pour les 120 hypermarchés du groupe Carrefour dans ce pays). «  Le Brésil, c’est parler en portugais avec des Allemands, découvrir les rites vaudous de la Macumba ou encore manger un serpent succulent avec une tribu Tupi en Amazonie ! Pour un petit-fils de paysan béarnais, c’est une expérience inoubliable ! »
Son enfance en  Béarn reste cependant la période la plus heureuse de sa vie. « Je reste très nostalgique de cette époque et de cette vie de petit village du Béarn. Je profite d’ailleurs de cet article pour embrasser tous mes amis et ma famille qui me manquent beaucoup... Parmi ce qui me fait le plus défaut, je dirais les Pyrénées, le ski et les gelées matinales d’hiver. Ici, il fait 30ºC presque toute l’année. Et un bon foie gras avec un Jurançon ou une bonne garbure me feraient bien plaisir de temps en temps ! »
Il ajoute  « Je n’ai pas eu l’occasion de revoir Assat depuis 2 ans. Mais je reviendrai...  quand je serai vieux pour jouer à la belote avec mes copains d’enfance et leur raconter toutes mes aventures aux quatre coins du globe. Je sais qu’ils ne me croiront jamais, mais je voudrais juste pouvoir revenir leur raconter mon histoire.
Après,  je pourrai mourir tranquille, heureux, et être enterré auprès des miens... »

Interview de Karen Jouault pour Signé PA