Issu d’une vieille famille béarnaise d’instituteurs et de serviteurs de la République depuis la Révolution, la famille Camy, Olivier Lafaye est aujourd’hui le président dans la zone Asie de Thomson-CSF. Il est aussi vice-président de la Chambre de Commerce et de l’Industrie française en Chine. « J’imagine que l’implication de ma famille dans la chose politique m’a incité, moi aussi, à donner de mon temps. »
C’est gr'ce à ses études en Californie qu’il découvre l’Asie. « J’étais étudiant à San Francisco et je côtoyais beaucoup d’asiatiques. Ils étaient nombreux à traverser l’océan Pacifique pour venir aux Etats-Unis. A force de regarder l’océan, j’ai eu envie d’aller voir ce qu’il y avait de l’autre côté ! »
Installé à Pékin depuis 2004, Olivier Lafaye travaille en Asie depuis les années 90. « J’ai d’abord vécu à Singapour entre 1988 et 1992. Puis, j’ai été nommé responsable Asie de Thomson-CSF et je n’ai pas su résister à cette proposition ! Surtout au challenge, celui de rétablir le courant d’affaires avec ce pays. »
A quelques mois du début des Jeux Olympiques, Olivier Lafaye se prépare à cet événement mondial. « Ce seront des JO high tech puisque nous fournirons une partie non négligeable des équipements haute définition nécessaires à la diffusion de cette manifestation. C’est la première fois que les JO seront tournés en HD. Cela va vraiment lancer cette technologie partout dans le monde, et en Chine en particulier. »
Résider en Chine signifie également s’adapter à un nouveau mode de vie. « La façon de voir des chinois et des français est diamétralement opposée, voire inverse. J’ai reçu récemment des images représentant ces différents modes de pensée : par exemple, alors que les Chinois vont résoudre un problème en le contournant, les occidentaux l’attaquer de front. Mais les gens sont dynamiques et très gentils. »
Cependant, cela implique beaucoup d’efforts de sa part, notamment celui d’apprendre la langue. « Cela permet une intégration plus rapide et plus simple. Cela fait deux ans et demi que je m’y suis mis, mais il me faudra encore dix ans pour la maîtriser ! »
Même s’il a passé beaucoup de temps en Asie, Olivier Lafaye est très attaché à son Béarn natal. « Ce qui me manque le plus, c’est peut-être d’avoir perdu la trace de nombreux amis du pays. Et de ne pas pouvoir mettre au service de ma région ce que j’ai appris. »
Il ajoute : « J’ai envie de partager mes expériences professionnelles avec les gens de mon pays, notamment avec les entrepreneurs. Mais je reviendrai dans le Béarn car il y a la maison familiale, chargée d’histoire et de souvenirs qu’il faut faire vivre. »
Interview de Karen Jouault pour Signé PA
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