Le Palois Yannick Silva découvre la Chine en 2005... Alors qu’il rêvait d’aller au Canada ou aux Etats-Unis, il demande à repartir dans ce pays en tant qu’expatrié.
En février 2006, il pose ses valises à Ningbo. Il avoue avoir d’abord été séduit par les Chinoises. Peut-être plus particulièrement par UNE Chinoise, sa compagne Ting Ting avec qui il vient d’avoir une petite fille, Chloé (Xi Luo Yi en chinois), née en septembre 2007.
Cette naissance lui a permis de découvrir un autre aspect de la culture de ce pays. « Suivant les traditions chinoises, quelqu’un reste à la maison pour s’occuper de la maman et du bébé. La maman est censée avoir du repos, ne pas se laver durant un mois, ne rien toucher de froid et... manger des soupes. Il est aussi très courant de voir les jeunes Chinois donner leur enfant en garde aux grands-parents pour l’élever durant les premières années de sa vie, jusqu’à 6 ans. »
Yannick et sa petite famille vivent désormais à Shenzhen, au sud de la Chine. « C’est une ville nouvelle, qui en 30 ans est passée de l’état de campagne à celui de capitale de l’électronique forte de 14 millions d’habitants, » explique le jeune homme. S’il peut sembler difficile de s’intégrer dans l’Empire du Milieu, Yannick Silva avoue avoir été surpris: « Tout semble inaccessible à cause de la langue. Mais après quelques jours, on s’aperçoit très vite que les Chinois sont curieux des étrangers et finalement ils sont accueillants. Il est commun d’entendre dans la rue « hello » venant d’une personne que vous avez juste croisée ! »
Le jeune homme a pris des cours de chinois pendant un an, ce qui lui permet aujourd’hui de pouvoir « se débrouiller dans les cas simples : déplacement, achats, repas ».
Dans sa vie professionnelle, Yannick peut également être confronté à des difficultés d’intégration. Responsable logiciel pour Sagem dans la conception de fax et d'imprimantes, le Béarnais de 26 ans encadre des équipes dans un centre de recherche et développement. « Un tel poste nécessite de connaître leurs habitudes et leurs façons de travailler. L’esprit d’initiative et la prise de responsabilité ne sont pas forcément présents. La hiérarchie est aussi quelque chose de fort en Chine et le chef a toujours raison ! Pour cela, une formation de ‘savoir vivre et travailler’ en Chine m’a été donnée avant d’arriver dans le pays, ce qui a grandement facilité mon adaptation. Malgré tout ce que l’on peut entendre en France à propos de la Chine, c’est magnifique ! Il existe une culture et une histoire très importantes ainsi que des contrastes très marqués et une grandeur inimaginable, surtout du côté des villes telles que Hong Kong. » dit-il admiratif...
Pour le moment, le jeune homme ne pense pas revenir s’installer dans son département d’origine, mais il se sent « plus que jamais 64 » et regrette de ne pas retrouver « l’esprit festayre en Chine ». Il ajoute : « Les Pyrénées, la verdure, l’air frais et le calme me manquent. Et aussi les bons petits plats bien de chez nous, le bon p'té et la miche de pain qui va si bien avec...»
Pour ce qui est du foie gras et du Jurançon, les précautions sont prises, il en ramène suffisamment dans sa valise pour ne pas en manquer !
Interview de Karen Jouault pour Signé PA
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