Paul Andreu



 Un ossalois à Pékin...

Quel est le point commun entre le monde de l’architecture et la ville de Laruns ?
Pas d’idée ?
Un nom : Paul Andreu. En effet, Louis Andreu le père de l’architecte, internationalement connu et reconnu Paul Andreu, est originaire de Laruns. « J’ai toujours des cousins et cousines en Vallée d’Ossau et ma sœur habite Pau. Malheureusement je ne peux pas m’y rendre aussi souvent que je le voudrais, » dit-il. Enfant, le futur architecte de l’Opéra de Pékin passait ses vacances à Laruns.
« Je n’ai jamais compris pourquoi le temps à Laruns était moins glorieux au mois d’août qu’en automne. C’était bien dommage car en automne nous devions rentrer à l’école ! » plaisante-t-il.
« Laruns était pour la famille un lieu de rassemblement. Ma grand-mère était une humble figure, mais tellement importante ; c’était elle qui faisait le lien entre tous les membres de cette famille. Je me souviens aussi de fêtes de village où l’on dansait beaucoup ! » Paul Andreu n’a pas oublié la ville de son enfance, et « même si elle a beaucoup changé, je la reconnais ». « La fontaine est toujours à la même place et l’avenue de la Gare descend toujours même si la gare n’est plus au bout ! »
C’est d’ailleurs à Laruns que Paul Andreu a réalisé sa première création architecturale : la maison de ses parents. « Mon père faisait certainement plus confiance aux entrepreneurs qu’à son propre fils ! Mais il m’a laissé faire. Cependant ne cherchez aucune trace de l’Opéra de Pékin dans cette maison ! »
L’Opéra de Pékin ou Grand Thé'tre National de Chine, la dernière œuvre de Paul Andreu d’une superficie de 149.520m2, a ouvert ses portes en janvier 2008.
« Le cahier des charges auquel nous devions répondre était déjà très précis au moment du concours. Par exemple, c’est le gouvernement qui souhaitait les trois salles. Mon travail d’architecte a surtout consisté à donner de l’ampleur aux espaces publics entre les salles. Je voulais que ce soit un lieu de rencontre, un lieu ouvert comme le Centre Pompidou. » Ce b'timent deviendra peut-être le symbole de la ville ; les métaphores s’imposent déjà : on l’appelle la larme d’argent, l’œuf ou encore la perle.
Mais pour Paul Andreu, le plus important, c’est que les Chinois se l’approprient. « Je ne veux pas leur donner une interprétation. Je suis heureux de voir que, malgré les contestations initiales, cet édifice déclenche du plaisir et du bonheur chez les gens, mais ce ne doit pas être à l’auteur de programmer ces émotions. Chacun y voit ce qu’il veut. » 

Paul Andreu connaît bien ce peuple avec qui il a déjà beaucoup travaillé. « Je ne me suis jamais dit ‘un jour je construirai des b'timents en Chine’. C’est un peu un concours de circonstances  qui m’a amené à découvrir ce pays et ses habitants. J’ai d’ailleurs été très frappé par leur dynamisme, leur sens de la responsabilité et, même si la langue nous sépare, j’ai tissé des liens avec certaines personnes ; ce sont des gens fidèles. »
Pour preuve, Paul Andreu est par ailleurs  Citoyen d’Honneur de la Ville de Canton depuis septembre 2000.
Qui a dit que les Ossalois n’aiment que leur vallée ?

Interview de Karen Jouault pour Signé PA