Son tour du monde s’achève à Brisbane !
Gilles Debèze est originaire de Lalonquette entre Thèze et Garlin dans les Pyrénées-Atlantiques
En 1985, il entame son tour du monde : Los Angeles, Londres, les Bermudes, la Martinique, St Martin, New York, Sydney et, finalement, Brisbane en 1997.
Dix ans plus tard, il y est toujours. Et par amour !
« J’avais décidé de rentrer en France pour monter un restaurant à thème australien avec un ami. On a tout vendu, fait les valises, et juste avant de partir, j’ai décidé de rendre visite à un copain à Brisbane. C’est là, chez lui, que j’ai rencontré ma femme. »
Donna part avec lui, un visa étudiant en poche - elle préparait son doctorat- ; le jeune couple compte alors s’installer définitivement dans les Pyrénées-Atlantiques.
Le retour en Australie s’impose vite. « Donna était enceinte, c’était difficile pour elle d’avoir un visa et il y avait trop de contraintes pour monter le restaurant, » explique Gilles. Mais cette décision ne lui pèse pas trop. « J’aime la tolérance, le respect, un certain côté laissez faire et le climat de ce pays. Je trouve les Australiens très ouverts, mais si on critique leur pays ou leur culture, c’est une autre histoire ! »
Et puis, Donna, est directrice adjointe au Conservatoire de Musique de la Griffith University, en charge des études sur la musique populaire. Elle parle français ; c’est une passionnée de culture pyrénéenne. Elle vient d’ailleurs d’écrire un article sur le « métal païen» dans le Pays basque et le groupe Numen* ; elle poursuit ses investigations sur le régionalisme et la musique populaire en France, en étudiant le Béarn et... Nadau**.
Ses recherches feront partie d’un livre sur le régionalisme et la musique populaire en Europe.
« Elle connaît ma culture - parfois mieux que moi – et elle comprend les différences culturelles. C’est inestimable... » Le couple transmet ce savoir à leur fille Yasmeen Charlotte (Charlotte pour sa grand-mère maternelle, une Basquaise !). « Elle peut être bilingue quand elle veut – je ne lui parle qu’en français mais elle ne me répond qu’en anglais ! En décembre, ses deux cousines françaises sont venues en vacances. J’étais content de constater qu’elle ne leur a parlé qu’en français. Un très bon français, d’ailleurs ! »
Après tant d’années passées Down Under, Gilles se sent toujours Béarnais. « Il n’y a pas longtemps Donna m’a demandé si je me sentais plutôt Béarnais ou Français et j’ai répondu ‘Béarnais 100%’. Même si je suis bien intégré ici, je serais toujours un Béarnais en Australie. »
Il confie : « Les belles Pyrénées me manquent, ma famille aussi bien sûr, les vielles pierres et le fait de ne plus vivre sur la même terre que celle de mes ancêtres. Et puis ici, les vins sont bons, mais le pain et le fromage ce n’est pas ça !»
Pour le moment, il n’envisage pas de revenir dans ses Pyrénées-Atlantiques. Peut-être quand il sera retraité ? « Donna dit qu’ayant passé la plupart de ma vie dans son pays, ce n’est que justice que nous passions nos dernières années dans le mien. »
Mais quoi qu’il arrive, « je suis, et je serai toujours, Béarnais, bien enraciné, même à des milliers de kilomètres ».
* NUMEN DEUS est un groupe de Metal / Hard-Core
originaire du pays niçois.
** NADAU: groupe occitan très populaire en Béarn, où la
cornemuse côtoie la guitare électrique
NB : si vos pas vous conduisent à Brisbane, vous rencontrerez peut-être Gilles Debèze au restaurant La Belle Epoque, situé au 1000 Ann Street à Fortitude Valley (tél : 0061 73852 1500 ou sur http://labelleepoque.com.au/
Soyez sûrs qu’il vous parlera du pays ...
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