Une passion pour « le caillou* »
Vingt ans que Frédéric Espinosa réside à Nouméa en Nouvelle-Calédonie !
Directeur adjoint d’OCEF, une PME spécialisée en industrie et commerce agroalimentaire employant entre 110 et 250 personnes, il exerce « un métier passionnant qui permet d’être en relation le même jour avec un producteur broussard et avec le trader d’un grand groupe japonais !
Vingt ans après, ma passion pour le caillou* reste intacte ».
Né à Laloubère dans les Hautes-Pyrénées, Frédéric a suivi des études à l’Ecole Supérieure de Commerce à Pau. « J’ai trouvé à Pau une ville à échelle humaine, proche de la nature et empreinte de ses valeurs. Comment ne pas rester humble face à la chaîne pyrénéenne ? J’y ai aussi noué de solides amitiés, forgées entre autres durant les troisièmes mi-temps des matches de rugby ! »
Il en sort en 1987, et attrape très vite le virus du voyage.
«Enfant, mon livre de chevet était L’île mystérieuse de Jules Verne. Aventures, cocotiers, tempêtes, j’en rêvais ! J’ai eu l’opportunité de passer un MBA aux Etats-Unis durant mes études à Sup de Co, puis j’ai commencé à voyager. »
Le Mexique, le Guatemala, la Guyane, les Antilles, quelques années à sillonner la planète et Frédéric pose ses valises ! « J’étais tombé amoureux d’une calédonienne, sans hésitation, j’ai tout vendu pour acheter mon billet d’avion et la rejoindre ! »
En mars 1989, il débarque sur un territoire « dont il ne savait rien ».
« C’était une époque assez particulière. Le pays semblait reprendre sa respiration au lendemain des ‘ évènements’. Après la chaleur du folklore antillais, la société calédonienne me semblait froide, distante et cloisonnée. Mais bien vite j’ai découvert des personnalités fortes et attachantes, une île vaste aux paysages grandioses, variés et… le plus grand lagon du monde ! » Aujourd’hui Frédéric se sent tout à fait calédonien « Seule ma pointe d’accent du sud-ouest reste indélébile ! » Et pourtant il demeure un zoreille, un métropolitain. « Je suis le premier à en rire ! »
Si les progrès technologiques réduisent la sensation d’éloignement – « pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, un habitant d’une petite île du Pacifique Sud peut accéder aux mêmes informations qu’un universitaire parisien ! » - ils ne permettent toujours pas d’embrasser sa famille et ses amis « ou de crapahuter dans les Pyrénées ! »
Reviendra-t-il un jour dans ses Pyrénées natales ?
Frédéric Espinosa ne sait pas... « Mes trois enfants s’épanouissent à merveille ici, mais mon expérience le prouve : citoyens du monde, ils s’envoleront un jour.
Et peut-être qu’à nouveau je larguerai les amarres… »
* surnom local donné à l’île.
Interview de Karen Jouault pour Signé PA
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