Jean Baptiste Loyard



  En mission chez les indiens Abénaquis

Jean-Baptiste Loyard  né à Pau le 18 octobre 1678 entre au noviciat de Bordeaux le 31 aout 1695 et débarque en Nouvelle France le 14 juin 1704.

Henri IV même s'il n'avait pas voulu exclure les protestants, avait accordé comme François Ier, mais avec moins d'insistance, des privilèges aux navigateurs voulant s'installer en Nouvelle France sous condition de 
« l'exaltation du nom chrétien ».
Le missionnaire Jean-Baptiste Loyard, est de ceux-là.  Il débarque donc en  1704,  à Medoctek (aujourd'hui Meductic), principal village amérindien sur la rivière Saint-Jean, chez les Abénaquis.


Une cabane pour église.

Lorsqu'il arrive, l'église n'est qu'une simple cabane d'écorce, comme les tentes des Abénaquis. En 1717, il commence à construire une église plus importante pour les Amérindiens. Elle s'appellera Saint-Jean-Baptiste, comme lui !
Le roi Louis XV va même offrir une cloche à cet édifice. Plus tard, en 1767, le père Bailly arrivé sur place écrira, après avoir enterré le dernier Amérindien survivant et fermé la chapelle : « Il y a une cloche ici de belle dimension que j'ai envoyée avec le reste du matériel à Ekpahoc ». Cette cloche, ornée de trois fleurs de lys, se trouverait à présent à Frédéricton.
Outre cette anecdote, le père Loyard est surtout connu pour son mémoire sur les Abénaquis, fidèles alliés des Français et dont le baron de Saint-Castin fut un des chefs. Il écrivit : « De tous les sauvages de la Nouvelle France, ceux qui ont rendu et qui sont en état de rendre plus de services, c'est les Abénaquis […] Cette nation est composée de cinq villages […] Trois de ces villages ont une route différente pour aller, en peu de jours, à Québec, chacun par sa rivière. C'est ce qui rend leur situation si importante par rapport au Canada dont ils sont les plus fortes barrières. Voilà ce qui doit faire attention à la Cour pour empêcher que les Anglais ne profitent de la guerre qu'ils ont avec les sauvages […] »


Un plan contre les Anglais.

Selon le traité d'Utrecht (1), la France cédait l'Acadie à l'Angleterre. C'était une perte sur le plan stratégique, car l'Acadie représentait une zone de protection entre la Nouvelle France et la Nouvelle Angleterre. Le mémoire du père Loyard proposait donc une tactique à suivre par la France pour s'opposer à la perte des territoires en Acadie.
Malheureusement, la Cour crut prudent de ne pas prendre de décision.
« Le père Loyard mourut parmi ses indiens à Médoctec, dans la nuit du 24 au 25 juin 1731 », écrit Léon Poulot. On a retrouvé une pierre (2) attestant que les Abénaquis avaient érigé cette église avec le père Loyard. Il semble que cette église fut la première construite en pierre au Nouveau Brunswick.



(1) Signé en 1713 pour mettre fin à la Guerre de succession d'Espagne, le traité d'Utrecht reconnaît Philippe V, petit-fils de Louis XIV comme roi d'Espagne : . En revanche, l'Acadie, alors possession française, est cédée à la Grande-Bretagne.
(2) Portant entre autres l'inscription : MDCC XVII / Malecitae / M.pJoA.Loyard sco. Jes / Saerdote. 




                                                                            texte de Jean Renault 
                                                          Secrétaire général de l’association
                                                                Béarn-Acadie Nouvelle-France

publié dans le journal Sud Ouest du 21/08/2008


Illustrations extraites de 
http://www.indianamarketing.com/nations/maleci.htm