Une histoire d'émigrants : celle de la famille Larrieste



Par Beatriz Mercedes Larriestra ( décembre 2009)



Etienne Larrieste nait le 31 décembre 1829 à St Médard en Béarn, (au nord du département des Pyrénées-Atlantiques entre Morlanne et Sault de Navailles) maison Réyen,à St Médard en Béarn où il épouse Jeanne Romaine Lubet dont il aura quatre enfants :
   Jean né en 1853,
   Jean Baptiste en 1856,
   Berthe en 1863
   et Romain en 1866.

A la fin des années 1870 il est contraint de vendre ses propriétés car il s’est fortement endetté ...sa passion pour les courses de chevaux en est la cause !

La famille décide d’émigrer en Argentine...( mais je ne connais pas la date exacte du départ.)
Son fils aîné Jean, fiancé à Cécile Dangoumau, reste en France. Il décèdera à Castelner à quelques jours d’écart avec son frère Jean Baptiste décédé à Tres Arroyos en Argentine. 

Jean Eugène Larrieste est le fils de Jean et Cécile Dangoumau.
Il voyagera à plusieurs reprises en Argentine pour rendre visite à ses oncles et cousins. Il vivra même deux ans dans leur estancia "Las 2 naciones" mais à la déclaration de la guerre de 14-18 il rentre "défendre sa patrie" envoyant régulièrement des nouvelles relatives aux malheurs de cette époque.
En 1920, Jean Eugène épouse Yvonne Davy dont il a un fils Georges qui vient de décéder à Bordeaux. Veuf, il refait sa vie en 1928 avec Lucienne Combeaud ( je corresponds toujours avec leur fille Marie Claude épouse Colineau)



Mais revenons à Etienne ...

Quand il débarque en Argentine avec sa femme et ses trois enfants, (Jean Baptiste ,
Berthe et Romain ), il projette de se diriger vers le sud de la province de Buenos Aires car il sait que les terres y sont fertiles ; elles permettent l’agriculture et l’élevage des bovins.
A leur débarquement à Buenos Aires, la famille est dirigée vers la région côtière mais en bon béarnais tenace, Etienne suit son idée et part vers le Sud : les étendues à acheter sont immenses et les prix fort bas.
En entrant en Argentine, l’un des fils, Jean Baptiste, (mon arrière grand-père) voit son nom modifié en Larriestra;  le Juge de paix lui propose la rectification mais ce nom lui plait, il le conserve alors que ses frères resteront Larrieste.

Vers la fin des années 1880 ; Jean Baptiste Larriestra commence à organiser des réunions avec des compatriotes. Ils évoquent leur chère patrie, La France et sa culture et ils décident de s’apporter une mutuelle assistance.
De ces réunions informelles nait le projet de fonder une institution. Chacun apporte une somme, ils achètent un grand terrain en plein centre de la ville de Tres Arroyos et font construire un bel et grand édifice, siège de « La Sociedad Filantropica Francesa » inaugurée en 1994.  au Zoo de Buenos-Aires 24 mai 1907

 
Jean Baptiste épouse en premières noces Ana Maria Laborde qui mourra en couches à la naissance d’Antonio leur 3ème enfant
Jean Baptiste se remarie avec Marie Julie Renaud suisse française, dont il aura cinq enfants : Bautista, Regal, Adela Julia et Inès.
Bautista, mon grand-père épouse Mercedes Ochoa Zubiri ; elle donne naissance à Bautista Miguel mon père et trois autres frères et soeurs . Bautista Miguel épouse Béatriz Perez Etchegoyen qui lui donne deux enfants : Béatriz Mercedes (moi), qui suis depuis 13 ans la « Presidente de la Sociedad Francesa de Socorros Mutuales » et ma sœur Béatriz Carlota , célibataire.
La famille Larriestra a toujours vécu à la campagne.
j’ai grandi dans une portion de la propriété « Las 2 naciones » qui s’appelle « La 26 » car autrefois les terres étaient tellement étendues qu’on les divisait
en parcelles comprenant des maisons qui servaient de poste de garde et de lieu de résidence des employés.
La propriété des Larriestra en comptait vingt-six.

A cette époque, mon père ne possédait déjà plus la totalité de la propriété mais seulement la maison de  « la 26 » entourée de quelques terres, ce que nous appelons « una quinta » une maison de campagne.
 
Il dut cependant vendre assez tôt la quinta car sa passion était la course automobile.
Mon père Bautista Miguel Larriestra atteint un niveau national et devint très populaire au point qu’il représenta l’Argentine en Formule 1 dans des compétitions internationales.
Mais la préparation des voitures, confiée à des mécaniciens italiens lui créa de réels problèmes économiques. 


Aujourd’hui, à 85 ans, mon père reçoit encore des hommages, participe à des entretiens avec la presse et un petit monument dédié à sa gloire a été érigé.
De plus, comme son père Bautista, il participe toujours aux « fiestas gauchescas » défilant à cheval en costume de gaucho pour les fêtes traditionnelles de la région.


Moi, Beatriz-Mercedes, 56 ans, psychologue, j’ai toujours été élevée dans l’amour de la France dont je parle la langue. je transmets cette culture à mes trois filles :Lorena Beatriz, Natalia Vanesa et Noelia Estefania ainsi qu’à mes trois petits-enfants : Lucia, Matias et Juan Ignacio.


Je suis heureuse que l’histoire d’Etienne Larrieste soit lue dans ce Béarn que j’espère visiter un jour.